Boxe du Nord vs. Boxe du Sud
Distinguer le kung-fu de la Boxe du Nord vs. de la Boxe du Sud
La première distinction que l'on peut faire entre les styles de Kung Fu est le style du Nord et le style du Sud. En effet, parmis les quelques centaines de styles de Kung fu, on observe des caractéristiques similaires entre les différents styles du Nord, et il en va de même pour ceux du Sud. On aura tendance à dire, en accord avec le vieux proverbe chinois qui fleurit sur tous les sites internet de Kung Fu, "jambes au Nord, poings au Sud" ("Nan-quan, bei-tui"). L'autre distinction principale que l'on pourra opérer est de classer les styles en styles internes et styles externes. Les styles internes sont ceux qui porte une attention à l'énergie circulant dans le corps (Qi), mais revenons à cette distinction Nord et Sud.
Le style du Nord est associé à un plus important usage des jambes tandis que style du Sud est associé à un plus important usage des poings. Il en résulte que le style du Nord est plus allongé tandis que celui du Sud est plus rapproché. La légende veut que cette dichotomie vienne de la topographie du pays, le Nord étant constitué de plaines, favorisant le déplacements à pied ou à cheval. Au contraire, le Sud étant parsemé de cours d'eaux, les hommes s'y déplacaient régulièrement à la rame, favorisant alors leurs aptitudes du haut du corps. De plus, pour les combats en eux-mêmes, lorsqu'ils avaient lieu au Sud dans les nombreuses rizières, la mobilité des jambes étant limitée, les combattants devaient s'en remettre à des techniques impliquant le haut du corps. On remarquera très bien cette tendance par exemple dans le Wing Chun ayant vu le jour dans la province de Fujan. Le Wing Chun se caratérise en effet par une assise stable et très peu de mobilité des jambes, phénomène que l'on peut observer aussi bien dans les combats que dans l'entrainement avec un mannequin de bois. On est dans une recherche d'économie d'énergie et d'efficacité. Au Nord, avec toute cette attention portée sur les jambes, on cherche au contraire beaucoup de mobilité, se déplacer rapidement autour ou vers l'adversaire. Ce sont des styles plus acrobatiques.
Le Tang Lang, Nord ou Sud ?
Si toutefois vous avez précédé la lecture de cet article par un coup d'oeil à la page d'accueil, vous saurez que dans notre école, sous l'égide de Grégory, nous étudions le Chan Quan Tang Lang Quan. Ce style est emblématique de ces boxes du Nord. Chan Quan signifie boxe du poing long et est un style caractéristique de la communauté des Hui au Nord de la Chine. Ce qualificatif s'entend, par rapport au proverbe "jambes au Nord, poings au Sud", justement comme une boxe mettant en avant la notion de distance à l'autre et la déstructuration du corps pour atteindre la cible. Nous sommes bien sur un style du Nord. Le fait que le style de la mante religieuse ce soit répandu et ait été adapté un peu partout ne change pas fondamentalement son inscription dans les styles du Nord. Par exemple, les professeurs de Grégory viennent de Taiwan, au Sud de la Chine, et comme lors de tous déplacements, quelques traits ont été modifiés afin de mieux adapter ce style aux combattants et leurs facultés. Cela ne change rien au fait que ce soit un style du Nord.
Quelques exceptions : les branches de la mante du Sud
Tous les styles de la mante religieuse et leurs déclinaisons font partie des styles du Nord, à l'exception des styles de la Mante du Sud. L'un des plus connus est le Chow Gar, ce style qui se veut de la mante du Sud ne présente en effet pas le même héritage que les autres. Le Chow Gar est entièrement focalisé sur le combat rapproché, contrairement au Tang Lang qui cherche à s'adapter efficacement à toutes sortes de distances (grâce au jeu de jambes du singe). On y retrouve une posture similaire au Wing Chun, moins basse qu'au Tang Lang et plus refermée (on cherche à protéger le centre), et c'est le seul style où l'on ne retrouve pas la fameuse posture de la mante. Cet art martial trouve donc son origine dans la communauté Hakka, et non pas Hui comme la plupart des styles du Nord.